Partager l'article ! Bienvenue dans l'année du Dragon!: Le 23 Janvier 2012, le Lapin de Métal s'en est allé, cédant la place à une figure majeure de la myth ...
Le 23 Janvier 2012, le Lapin de Métal s'en est allé, cédant la place à une figure majeure de la mythologie chinoise, le Dragon
d'Eau, seigneur du Zodiaque et des éléments. Avec fantaisie et majesté, il règne, dans ses rutilants atours, sur l'Ancien Monde et rayonne sur le Nouveau.
La Fête du Printemps est célébrée le premier jour du premier mois lunaire. Ses origines remontent à la dynastie
Shang (1766-1122 avant J.-C.). Renouvelée, sous l'égide du puissant dragon, elle promet, d'après les croyances asiatiques, prospérité, fécondité, succès et renaissance.
Le nouvel an chinois évolue chaque année entre le 21 janvier et le 20 février, en raison du calendrier luni-solaire qui se fonde sur une
connaissance aiguë des cycles saisonniers. C'est à Nankin, à l'observatoire de la Montagne Pourpre, que l'apparition de la nouvelle lune est déterminée.
Un défilé haut en couleurs
Le 28 janvier, sur le parvis de l'Hôtel de Ville, les « enfants du Dragon », les amateurs de folklore et de mythologie et les curieux de tous bords
s'étaient donné rendez-vous.
Ce rose printanier illumine l'atmosphère orageuse du premier samedi de l'année.
Le rouge et l'or, couleurs sacrées, protectrices contre les forces malveillantes.
Les génies de la chance et de la prospérité
accompagnent avec bonhomie ce festival lunaire.
Le vert évoque la poussée de l'énergie vitale et le retour du Printemps. Associé à l'Est, au foie et aux muscles, il stimule la bonté et
la santé.
Le jaune est la couleur des vêtements impériaux et de la Terre, l'élément du Centre, symbole de fertilité. Les eaux du fleuve Jaune
favorisent le renouveau de la végétation.
Avec quelques touches de rose, le pouvoir de la Nature s'éveille doucement à travers les fleurs de cerisier.
Une galerie de costumes somptueux
pour stimuler les forces bienfaisantes de l'année
et honorer les dieux de la prospérité.
Les Traditions du Nouvel An
Le passage d'une année à l'autre s'effectue suivant un ensemble de rites associés à la purification et à la protection du foyer.
Une semaine avant la fête du Printemps, on dit traditionnellement adieu à Zaòwángyé, le dieu du foyer, dont le
portrait est affiché dans les cuisines. Ce personnage magique entreprend un long voyage vers l'Empereur de Jade, la divinité suprême du taoïsme, auquel il révèle les
bonnes et les mauvaises actions effectuées par chacun. Dans la crainte de son jugement, on lui offre des bonbons et des aliments collants. Pour adoucir ses propos, on applique des gourmandises
sur sa bouche et on brûle ses effigies sacrées afin que son énergie s'envole avec la fumée. Quelques jours après, on installe de nouvelles effigies.
Les habitations sont soigneusement nettoyées et purifiées avec de l'encens. Certaines personnes évitent d'utiliser des ciseaux et des couteaux de crainte de
« sectionner » le fil de la bonne fortune.
Le dernier jour de l'année, on décore les maisons avec des images traditionnelles. Des caractères de chance (duilian), des voeux et des
souhaits, tracés sur du papier rouge, sont collés sur les portes.
Autrefois, on y accrochait les effigies des dieux Shen Tu et Yu Lei, sculptées dans du bois de
pêcher.
Les voeux de Printemps sont des formules poétiques, inscrites sur des bandes de papier que l'on suspend dans les maisons,
traditionnellement à l'envers. En effet, le mot « renversé » se lit « tao » en mandarin, comme le mot
« arrivé » qui signifie le retour du Printemps et de la prospérité; et le mot « bonheur » se retrouve aussi la tête en
bas...
De manière personnelle, il est conseillé de se confronter aux problèmes non résolus de l'année précédente et d'entamer une discussion avec ses ennemis.
Le Réveillon ou banquet familial
Il se déroule autour d'une succession de plats raffinés. En règle générale, les membres de la famille qui ne peuvent pas se déplacer ont tout de même une place à
table. Les aliments sont investis d'une valeur symbolique et procurent, à ceux qui les consomment, bonheur, chance et prospérité.
On déguste par exemple des raviolis qui ressemblent à des petits lingots dorés, de la carpe qui évoque le « surplus » afin de ne jamais manquer, du canard
pour la bonne fortune, des crevettes pour le bonheur, des nouilles pour la longévité, des haricots rouges pour chasser les démons, des sucreries de forme ronde ou ovale pour célébrer l'union de
la famille.
Un poisson servi avec la tête et la queue signifie le début et la fin de l'année.
On prépare des fa-kao, une sorte de gâteau de riz dont le dessus forme des craquelures. Plus ces dernières sont larges, plus la joie et la
richesse sont censées régner dans le foyer. J'ai déjà pu apprécier leur robe croustillante et leur fondant intérieur...
A la fin du repas, on partage le gâteau du nouvel an (niángāo). Deux couches de pâte de riz gluant enserrent de la pâte de haricot rouge
et de sucre de canne complet, parfumée au longane et parfois au thé vert.
Le longane est le fruit du Dimocarpus longan, un petit arbre à feuilles persistantes, originaire du sud-est de la Chine. Ce délice végétal, qui ressemble un peu au
litchi, signifie « oeil de dragon ».
On offre des mandarines et des oranges qui représentent la richesse, le bonheur et la bonne fortune.
On honore les ancêtres avec du vin et des gâteaux de farine de riz glutineux, en forme d'animaux, cuits à la vapeur. On échange des souhaits et des cadeaux et on
remet aux enfants les fameuses enveloppes rouges (hóng bāo) qui contiennent de l'argent et qui portent bonheur.
Les personnages symboliques, les couleurs et les danses magiques ont pour fonction de repousser le « monstre de
l'année ».
Nian ou Nien était un monstre légendaire qui donna son nom au cercle de l'année. Émanation de l'incréé, du chaos
et des abysses nocturnes, il rôdait autour des villages, à l'instar de nos croquemitaines occidentaux. Pendant la « nuit de Nian », les habitants veillaient et
allumaient une profusion de flambeaux, lumières vivantes et protectrices.
Créature hybride, dotée d'une tête de lion et d'un corps de taureau, Nian apparaît dans les danses de lions qui neutralisent son pouvoir
maléfique.
Guidé par sa voracité, il surgit de la mer ou de la forêt, il descend des montagnes afin de dévorer les hommes et les animaux mais il ne supporte pas le bruit, la
lumière vive et la couleur rouge. Dans les temps anciens, les villageois plaçaient des chiffons écarlates sur les portes pour l'effrayer.
Les pétards qui retentissent sont censés mettre en déroute ce terrible monstre et les créatures malveillantes qui évoluent dans son
sillage. D'après les légendes, le vacarme, les danses serpentines et la couleur rouge ont de puissantes
vertus.
Les premiers pétards étaient réalisés avec des tiges de bambou. Aujourd'hui, ce sont des chaînes de petits pétards rouges appelés « démons » qui sont
utilisées.
Émanation du yang, la couleur rouge (hung), règne sur l'été et le sud, à l'opposé du yin, associé au noir, au nord et à l'hiver. Elle est
apotropaïque, c'est à dire réputée éloigner les forces négatives. (Le mot « apotropaïque » vient du grec apotropein qui signifie
« détourner ».)
« Au théâtre chinois, le dieu de la guerre a le visage peint en rouge, couleur du sang et des blessures, mais les cartes du nouvel an sont rouges et les pêches
rouges sont un présent de mariage car le rouge est aussi la couleur de la joie et de la chance envoyées par les dieux. »
J. Gernet: Problèmes de la couleur. Bibliothèque générale de l'École Pratique des Hautes Études, VIe Section,
Sorbonne, 1957.
Le rouge est la couleur des noces. La jeune mariée, vêtue de rouge et installée dans un palanquin rouge, est conduite au logis de son époux. Les portes de sa
nouvelle maison sont couvertes de laque rouge.
Les lanternes rouges et dorées sont des symboles de richesse et de félicité.
Des couleurs précieuses sous le ciel de tempête...
Les dragons qui virevoltent apportent la joie, la force et la prospérité. Leurs danses ondoyantes s'enracinent dans le culte des ancêtres,
l'hommage aux divinités et la réminiscence du pouvoir impérial. Elles honorent aussi les dieux de la pluie fécondante qui font croître les moissons.
Les acrobaties du dragon symbolisent la bravoure, la force et la noblesse. Tel un long ruban précieux, il se gorge d'air et tourbillonne parmi les passants
émerveillés.
La danse des Lions
Au rythme des cymbales, du gong et du tambour, les lions aux couleurs vives s'ébattent dans des positions qui mélangent la danse et les arts martiaux. Chaque lion
est incarné par deux danseurs. Le corps et la queue sont animés par des liens souples alors que la tête est contrôlée par des tiges de bambou. Cette activité requiert une grande force, beaucoup
de coordination et de vitalité.
Ces danses soigneusement codifiées sont réputées éloigner les esprits malveillants, attirer la chance et stimuler la fertilité. Elles sont exécutées pendant les
mariages, à l'occasion du nouvel an et pour célébrer l'ouverture d'une nouvelle boutique.
Au coeur de cette ronde fantastique, un petit garçon accomplit des katas.
Les festivités du nouvel an s'étendent sur une période d'environ trois semaines, rythmée par des cérémonies grandioses et des moments plus intimes. La
phase de préparation, que nous avons étudiée précédemment, le Réveillon et les jours qui suivent sont imprégnés de
sagesse et de magie.
Le Premier Jour
On « salue l'année » en portant des vêtements neufs, de préférence rouges. On ne mange généralement pas de viande afin de purifier son corps et son
esprit. On présente ses voeux à la famille et aux amis. On se rend au temple et on honore les tombes des ancêtres. Les effigies des ancêtres et des dieux du foyer sont renouvelées.
Le Troisième Jour: la visite et les noces des Souris
D'après une ancienne croyance, comme les souris n'entrent que dans un foyer prospère, on laisse des provisions à leur intention. Quand elles sont repues, elles
peuvent célébrer les noces de leurs enfants. Il est donc conseillé d'aller se coucher tôt, ce soir-là, pour ne pas les déranger.
Le Quatrième Jour: le retour du Dieu du Foyer
Zaòwángyé revient de son périple à travers les mondes célestes. On lui prépare des offrandes et un savoureux repas.
Le Cinquième Jour: le retour au travail
Le cinquième jour marque la reprise du travail et l'échange des voeux entre collègues. Les commerçants commandent des danses de lions. Le dieu de la richesse et ses
avatars, les dieux de la fortune, reçoivent des offrandes.
Pendant les premiers jours de l'année, l'utilisation du balai est fortement déconseillée car les bonnes énergies risqueraient d'être chassées avec la
poussière.
Le Quinzième Jour: la Fête des Lanternes
Elle vient clore ce festival printanier et célébrer la pleine lune du début de l'année, dotée de grands pouvoirs. Pour les anciens peuples de la Chine, elle
dévoilait les esprits qui chevauchent dans les airs. Les lanternes rougeoyantes, ornées de symboles, célèbrent ces entités bienveillantes.
D'après une vieille légende, le dieu du feu voulait incendier la capitale ce jour-là. Les habitants tentèrent de le convaincre que la ville était dévorée par les
flammes. Ils allumèrent pour cela une myriade de lanternes et le dieu fut dupé.
La lumière et les flammes sont reines. Les lanternes de toutes formes (dragon, cheval, phénix, lotus, pivoine, personnages de théâtre, de dessins animés...) et de
diverses matières (papier, tissu, plastique...) oscillent dans la nuit. On voit aussi scintiller des lanternes de glace.
Le plat traditionnel de la fête est la soupe de yuanxiao, des boulettes de pâte de riz farcies de pâte de haricots rouges, de cacao, de
cannelle, de sésame, etc, dont la rondeur symbolise l'union et l'harmonie.
Les Pouvoirs du Dragon
Le dragon chinois est doté d'un long corps serpentin ou anguiliforme, de bois ou de cornes et d'une puissante gueule barbue. Il ne possède pas d'ailes mais la crête
qui couronne son crâne lui permet de voler. Avant de revêtir sa forme définitive, il se métamorphose pendant des milliers d'années. Il est une sorte de long poisson mythique et, d'après certains
archéologues, son effigie dérive de représentations stylisées d'animaux bien réels, comme des poissons, des serpents et des crocodiles.
Animal sacré, à l'instar
du Phénix, de la Licorne et de la Tortue, le Dragon permet aux puissances célestes de se manifester auprès des hommes.
L'expression « deng longmen » signifie « franchir la passe du dragon », c'est à dire
« réussir sa carrière ».
Si une carpe parvient à franchir la « porte du dragon », elle se métamorphosera en dragon. La « porte du dragon » est
une porte mythique et allégorique symbolisant les efforts déployés pour atteindre son but.
Le Seigneur des métamorphoses
Créature gorgée de magie, le dragon peut tisser les nuages, se changer en gouttes d'eau et de feu, scintiller dans les ténèbres, devenir invisible, revêtir
l'apparence d'autres animaux, prendre une forme humaine ou hybride (comme un corps d'homme et une tête de dragon).
Le Dragon d'Eau
Émanation de l'élément yang, le dragon est investi du pouvoir de création et de fécondité mais il est aussi en adéquation avec l'élément yin et les puissances
aquatiques. Il est le seigneur des eaux en mouvement, fécondes et jaillissantes, dont il contrôle le pouvoir de vie et de mort.
Maître du calendrier et de la météorologie, il se love dans les eaux matricielles (rivières, lacs, océans) et règne sur les eaux célestes. Il serpente à travers les
nuages et fait tomber la pluie.
Les cours d'eau, les bras de mer, les étangs, les rivières et les lacs ont leurs dragons-esprits.
Pendant l'hiver, les dragons s'enfoncent dans les entrailles de la Terre. Ils remontent à la surface au début du deuxième mois, pour apporter les pluies
fécondantes. Le deuxième jour, ils sont honorés avec des feux d'artifice.
Le rite du Qiu se déroule pendant les périodes de sécheresse. Pour invoquer le pouvoir bienfaisant du dragon d'eau, un dragon de papier
est fixé à une armature de bois et placé dans un lit de rivière asséché. Les chamanes lancent des incantations et frappent des tambours pour imiter le grondement du tonnerre, invitant, par ce
bruit caractéristique, le roi-dragon à libérer la pluie.
Les combats et les accouplements de dragons font aussi venir la pluie. Ils sont symbolisés par les « joutes des bateaux dragons ».
Les oeufs de dragons, brillants, nacrés, multicolores, iridescents, naissent des souffles mêlés des dragons mâles et femelles, sur les
berges des rivières. Ils peuvent contrôler la météorologie.
Le Sculpteur de paysages
Le dragon représente les forces changeantes de la Nature, la mutation des espaces au rythme des saisons, les ondulations étranges des roches et de la
terre.
Les montagnes et les collines ont été façonnées par le passage ou le souffle incandescent des dragons. Les très vieilles pierres sont associées à leurs dents et à
leurs os.
Le Seigneur de la végétation
Les dragons verts incarnent la force contenue dans les graines et les bourgeons, l'énergie sinueuse des feuilles et des branches. Ils crachent des bouquets
verdoyants.
A la période du solstice d'hiver, ils combattent, de manière rituelle, et leur sang noir et jaune se répand sur la terre pour que renaisse le printemps.
D'après la légende, le jade est né de l'union de la semence du dragon avec la terre, au moment où pulsent les énergies
printanières.
Le magicien des éléments
De nombreux dragons vivent dans les nuages dont ils tissent les contours avec leurs griffes ou qu'ils engendrent avec leur haleine. Liés au vent, aux orages
fécondants et au tonnerre, ils peuvent provoquer des cyclones et des tsunamis.
Ils ont aussi une incidence sur les heures du jour et de la nuit. Un dragon crée le jour en ouvrant les paupières et ferme les yeux pour appeler
l'obscurité.
Certains dragons suscitent des éclipses en poursuivant la lune et le soleil.
Le médiateur entre les mondes
A certaines périodes, les dragons sont chevauchés par les âmes qu'ils emportent dans l'au-delà.
Dans les régions montagneuses, des bannières représentant des dragons claquent au vent pour attirer les bons esprits.
Quand il ne conduit pas
les âmes vers les mondes célestes, le dragon poursuit une grosse boule brillante, jaune et dorée, qui symbolise le renouveau, la graine de lotus, émanation des
nourritures terrestres et spirituelles.
Le Dragon et la Perle
Au creux de sa gorge ou de sa bouche, entre ses griffes ou dans un luxuriant palais situé au fond des mers, le dragon protège la perle
sacrée, emblème de la « parole précieuse ». Des intrépides tentent parfois de la dérober car elle a la réputation d'exaucer les voeux.
Quand deux dragons jouent avec une perle, celle-ci incarne « la balle du tonnerre ». En montant très haut dans les airs et en
roulant brusquement sur le sol, elle attire les pluies fertilisantes et stimule le réveil de la Nature.
D'après la croyance populaire, en Chine, le tonnerre féconde les coquillages et les perles s'y développent, gorgées de clarté lunaire.
Symbole de sagesse et de connaissance, de chance et d'immortalité, la perle est bénéfique pour le sang et les yeux. La tradition voulait qu'une perle soit placée
dans la bouche des défunts fortunés.
L'Empereur Dragon
Le dragon apparaît comme l'emblème du pouvoir harmonieux, celui de l'Empereur, fils du Ciel et de la Terre et médiateur entre les « différents plans de
réalité ».
L'empereur T'ai Tsung de la dynastie des Tang (626-649).
Le dragon à cinq griffes était représenté sur les vêtements impériaux, les murs des palais et les objets à caractère rituel ou décoratif.
Pour l'anecdote, le dragon à quatre griffes est un des symboles de la Corée et le dragon à trois griffes, d'inspiration Japonaise.
Le Gardien de l'Ordre cosmique
Un gu ou tambourin, orné d'un dragon. Reflet de l'harmonie du cosmos, la musique tisse un lien subtil entre le Ciel et la
Terre.
Les cloches possèdent un anneau de suspension en forme de dragon.
Ces dragons représentent
les cinq éléments de la cosmogonie chinoise: le bois (vert), le feu (rouge), la terre (jaune), le métal (blanc) et l'eau (noir), reliés par des cycles complexes. (L'illustration est issue du
livre intitulé Voies et vertus de la médecine chinoise de Jean-François Cludy et Régine Tiburce-Cludy, P.21).
Le chiffre du Dragon
Il s'agit du chiffre neuf, quintessence de sagesse et de chance.
Un des dragons du Mur des Neuf Dragons de la Cité Interdite.
Sur ce magnifique mur, construit en 1774, sous le règne de l'empereur Qian-Long et composé de 270 carreaux de céramique vernissés,
ondulent neuf dragons sacrés, protecteurs du sanctuaire impérial contre les esprits maléfiques. Sur un fond tourbillonnant de vagues et de nuages, les dragons cherchent à attraper une
perle.
Une immense variété de Dragons
Les dragons chinois sont de puissantes divinités, des rois des mers, des gardiens de trésors et de lieux sacrés, des médiateurs entre les mondes, des fondateurs de
temples et de cités. Ils insufflent l'étincelle de vie, règnent sur les eaux célestes et matricielles, propagent la sagesse des dieux et des ancêtres. Le plus souvent bienveillants, ils possèdent
un tempérament ombrageux, versatile et capricieux et transforment parfois les ondes telluriques en fluides mortifères mais cette part sauvage et chaotique de leur caractère n'affaiblit pas la
vénération qu'ils suscitent.
Tian-lung est le dragon céleste, le protecteur des palais divins qu'il soutient avec sa colonne vertébrale.
Shen-lung est un magnifique dragon, doté d'écailles azurées. A partir de la dynastie des Han (206 avant J.-C.
-220), ce dragon bleu-vert se présente comme le symbole de l'empereur et de l'Orient, de la pluie printanière et du soleil levant. Il règne sur le cinquième signe du
Zodiaque et préside au renouvellement de la végétation. Il danse sur les nuages et fait tomber la pluie sur les cultures. On invoque son énergie fécondante mais il peut lever des tempêtes et des
vents destructeurs.
Di-lung règne sur les sources et les cours d'eau.
Fu-zang-lung est le gardien des trésors et des objets magiques. Il connaît l'emplacement des veines précieuses de la terre et des filons
métallifères.
Huang-lung est le cheval dragon ou le dragon jaune. Il a jailli du fleuve Jaune mythique et s'est incliné devant l'empereur légendaire
Fu Hsi avant de lui transmettre les secrets de l'écriture et du Yi King.
Le dragon blanc représente l'Occident et la mort. Le souverain des eaux de l'est, du nord, du sud et de l'ouest est un majestueux
dragon rouge-sang. Les dragons dorés concentrent une infinité de pouvoirs.
Omniprésent dans les croyances chinoises, le dragon ouvre les portes d'une année considérée comme propice pour la réalisation des projets et les naissances car les
« enfants du dragon » sont réputés éloigner le malheur et les coups du sort.
Pour célébrer l'année du Dragon, la Maison de Thé Mariage Frères a élaboré un thé vert, fruité et acidulé, aux baies de goji du
Tibet.
On peut contempler cette belle vitrine dans le Carrousel du Louvre.
Un dragon de cristal signé Lalique.
Jusqu'au 10 février 2013, où son règne sera remplacé par celui du Serpent, le Dragon nous insufflera son charisme et sa vigueur flamboyante. On l'invoquera
secrètement pour attirer la chance, le bonheur et la prospérité même s'il faudra sûrement composer avec les turbulences de son caractère...
Dans les contes et les légendes d'Occident, les récits religieux et l'imaginaire collectif, les dragons sont malheureusement perçus comme des tueurs impitoyables.
Souvent dotés, comme les démons, de grandes ailes membraneuses, il font preuve d'une voracité sans limites et tombent sous les coups de lance ou d'épée des saints guerriers. Mais ils apparaissent
aussi comme des initiateurs, liés aux anciens cultes agraires. Je leur consacrerai un article dans quelques temps.
Je vous souhaite à présent une excellente année sous le signe du Dragon Chinois et vous invite à explorer avec passion les mondes fabuleux et les traditions
millénaires qu'il gouverne!
Un « papertoy » dragon signé Tina Kraus, illustratrice allemande.
Bonne année: Xῑnnián hăo!
Bibliographie
Marcel GRANET: La civilisation chinoise. Albin Michel, 1930. La pensée
chinoise. Albin Michel, 1994.
Martine LEYRIS: La Chine du dragon impérial, collection »Les grands Empires » chez Robert Laffont,
1982.
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